OVHcloud : un nouveau LLM open source très en avance sur son temps prévu pour fin novembre
Un an après son retour à la tête d'OVHcloud, Octave Klaba repense la stratégie du spécialiste français du cloud. Alors que l'entreprise affiche un chiffre d'affaires annuel de 1,15 milliard d'euros, son fondateur prépare le lancement d'un modèle de langage open source inédit, prévu pour la fin du mois de novembre.
Une rupture d'architecture face à Mistral AI
OVHcloud fait le choix de développer son propre modèle plutôt que de s'associer aux acteurs existants. Ce grand modèle de langage (LLM) vise une architecture optimisée : gestion des mécanismes d'attention, traitement des tokens et compression des données. Le coût d'entraînement des modèles ayant été fortement réduit ces derniers mois, l'entreprise entend démontrer son efficacité technique avant d'engager des investissements massifs.
Cette approche marque une divergence nette avec Mistral AI. Octave Klaba qualifie l'acteur parisien d'entreprise de services du numérique (ESN) spécialisée dans l'intégration sur mesure pour de grands comptes. OVHcloud privilégie une posture d'infrastructure et de fournisseur de briques technologiques, sans chercher à réaliser la prestation finale chez le client. Le modèle sera d'abord entraîné sur les données internes de l'entreprise pour des usages ciblés : cybersécurité, développement informatique et automatisation agentique des métiers.
Le risque de préemption par les géants américains
L'initiative s'inscrit dans un contexte où les champions technologiques américains consolident leur emprise sur l'ensemble de la chaîne informatique. Octave Klaba le résume ainsi : "Avec les données et les capacités qu’elles accumulent, qu’est-ce qui les empêche de créer une suite collaborative, un CRM ou un ERP concurrent de SAP ? Rien. "
Face à ce risque de phagocytose, le dirigeant d'OVHcloud plaide pour la maîtrise des cinq couches de l'IA : des processeurs graphiques (GPU) dans les centres de données jusqu'aux interfaces de travail. L'objectif consiste à proposer une alternative souveraine et mondiale pour empêcher les hyperscalers d'intercapturer la totalité des flux de travail des entreprises.


