La Cour des comptes met un coup de pression à l'État pour basculer vers l'open source

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La dépendance numérique de l'administration française envers les géants de la tech américaine est de nouveau sur la sellette. Dans un rapport très attendu publié fin octobre 2026, la Cour des comptes dresse un état des lieux sans concession des outils bureautiques et collaboratifs de l'État.

Entre factures s'envolant pour les licences et impératif de souveraineté, les magistrats de la rue Cambon pressent le gouvernement d’enclencher une transition majeure vers des solutions open source à l’horizon 2030-2031.

Les chiffres clés d’un constat accablant

L’enquête de la Cour des comptes, menée sur un périmètre de 11 ministères (couvrant près de 860 000 postes de travail), met en lumière des dépenses colossales et des disparités aberrantes entre administrations :

  • 100 millions d’euros : c'est la somme dépensée en 2025 par l'État pour sa bureautique et ses outils collaboratifs (dont 61 millions rien que pour les licences logicielles).

  • Près de 80 % de ces licences logicielles profitent directement à Microsoft.

  • Des écarts de coûts lunaires : le coût annuel par poste de travail varie de 20 € au ministère de l'Intérieur (qui mise massivement sur les logiciels libres) à 378 € au ministère de la Culture.

Le plan de vol : l’Open Source comme bouclier et levier d'économies

Face à cette hégémonie, la Cour des comptes formule des recommandations claires à destination du Premier ministre pour une application dès 2027 :

  1. Une transition rythmée (3 à 4 ans maximum) : Enclenché en 2027, le chantier de migration vers des suites bureautiques libres et souveraines devrait se solder d'ici 2030 ou 2031.

  2. Un modèle économique vertueux : Le rapport estime qu'une généralisation du libre pourrait générer entre 30 et 65 millions d'euros d'économies par an à périmètre constant, et grimper jusqu'à 130 millions d'euros en évitant le piège des migrations globales vers le cloud Microsoft 365.

  3. Le filtre de l'hébergement sécurisé : La question de l'infrastructure est centrale. Les alternatives devront reposer soit sur un cloud interne de l'État, soit sur des prestataires qualifiés SecNumCloud.

Les défis d'un chantier titanesque

Si l'objectif fait rêver les partisans de la souveraineté numérique européenne, passer d’un écosystème propriétaire ultra-dominant à des briques open source demande une volonté politique infaillible. Le rôle de la DINUM (Direction interministérielle du numérique) s’annonce donc décisif pour harmoniser les pratiques des différents ministères, historiquement très autonomes (et parfois récalcitrants) sur ces sujets.


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